[Note 1: Oeuvres morales et diversifiees, p. 377.]

"J'ai vu, dit Bodin[1], un jeune homme prisonnier l'an 1590 qui avoit tue sa femme en cholere, et avoit eu sa grace qui lui fut interine, lequel neanmoins se plaignoit qu'il n'avoit aucun repos, estant toutes les nuicts battu par icelle, comme il disoit. Les anciens tenoyent que les ames des occis souvent pourchassent la vengeance des meurtriers. Nous lisons en Plutarque que Pausanias, roy de Lacedemone, estant a Constantinople, on lui fit present d'une jeune damoiselle… Entrant, de nuit en la chambre, elle fit tomber la lumiere, ce qui esveilla Pausanias en sursaut, et pensant qu'on voulust le tuer en tenebres; tout effraye il print sa dague, et tua la demoiselle sans connoistre qui elle estoit. Des lors Pausanias fut incessamment tourmente d'un esprit jusques a la mort, qui ressembloit (comme il disoit) a la damoiselle."

[Note 1: Demonomanie, livre II, ch. III.]

Selon Taillepied[1]: "Si un brigand s'approche du corps qu'il aura occis, le mort commencera a escumer, suer, et donner quelque autre signe. Platon au neufviesme livre de ses loix, dit que les ames des meurtris poursuivent furieusement, et souvent, les ames des meurtriers. A l'occasion de quoy Marsile Ficius, au seiziesme livre de l'Immortalite des ames, chapitre cinquiesme, estime qu'il advient que si un meurtrier vient ou sera a descouvert le corps de celuy qu'il aura fraischement tue, et il approche pres pour regarder et contempler la playe, le sang en sortira de rechef. Ce qu'aussi Lucrece affirme estre veritable, et les juges l'ont observe… Quand un voleur sera assis a table, s'il advient que quelque verre de vin soit espandu, le vin ne tombera de cote ne d'autre, ains percera la table…

[Note 1: Traite de l'apparition des esprits p. 139.]

"D'apres Jean de Caurres[1], saint Augustin au II de Civitate Dei parle de Tiberius Graccus, duquel aussi fait mention Saluste de Bello Jugurtino, lequel fut meurdry estant tribun du peuple, et comment apres sa mort, son frere Caius Graccus, aspiroit audit office odieux au peuple, la nuict en dormant luy apparut la face de son frere, luy disant que s'il acceptoit ledit office, qu'avoit este cause de sa mort, qu'il mourroit de mesme mort que luy, ce qu'advint.

[Note 1: Oeuvres morales et diversifiees, p. 377.]

"Valere au premier[1], qui parle des songes et des miracles recite de Simonides, lequel venant a un port de mer par navire, trouva audict port un homme mort, non ensevely, lequel il ensevelit. Et pour recompense de ceste oeuvre de charite l'esprit appartenant a ce corps, la nuict, en dormant, parla a luy, en demonstrant qu'il se gardast le matin de monter sur le navire s'il aymoit ne point mourir. Simonides creut, et estant au port, il vit devant ses yeux perir le navire et tous ceux qui estoient avec luy. Le jour precedent, ledit Simonides encore receut une autre benefice, pour avoir ensevely celuy que dessus: car soupant chez Stophas, au village de Cyanone en Thessale, voicy un messager qui vient a luy soudain, disant qu'il y avoit a l'huys deux jeunes jouvenceaux qui instamment demandoient parler a luy: parquoy il sortit sur l'heure, et s'en alla a l'huys, et ne trouva aucun. Et estant la, le soupoir ou Stophas, et autres invites faisoient grande chere, tomba et tous moururent a ceste ruine, hormis le Simonides.

[Note 1: En son premier livre.]

"Avenzoar Albamaaron, medecin arabe mahometiste, escrit comment luy estant malade d'une grande maladie des yeux, un sien amy medecin; desia trespasse, luy apprint en dormant la medecine pour sa maladie, par laquelle il guarit.