Pour arriver à ce but, il faut que la plupart des caractères se trouvent plus d'une fois dans le chiffre; si l'écrit est fort court, si une même lettre est désignée par des caractères différents, les difficultés deviennent de plus en plus sérieuses:

Nous allons emprunter à un écrivain hollandais judicieux, à S'Gravesand, un exemple relatif à un chiffre écrit en latin.

A B C
abcdefghikf:lmkgnekdgeihekf:
D E F
bceeficlah fcgfg inebh fbhic eikf:
G H I K
fmfpimfhiabc qilcb eieacgbfbe bg
L M
pigbgrbkdghikf: smkhitefm.

Les barres, les lettres majuscules A, B, les signes de ponctuation ne font pas partie du chiffre; nous les avons ajoutés afin de faciliter l'explication: Ce chiffre donne:

14f3d
14i2b
12b2n
11e2p
10g1o
9c1q
8h1r
8k1s
5m1t
4a

Enfin, il y a en tout dix-neuf caractères, dont cinq seulement une fois.

Je vois d'abord que h i k f se trouvent en deux endroits (B, M); que i k f se trouvent en un seul (F); enfin, que h e k f (C) et h i k f (B, M) ont du rapport entre eux.

D'où l'on peut conclure qu'il est probable que ce sont des fins de mots, ce qu'on indique par les deux points:

Dans le latin, il est ordinaire de trouver des mots où des quatre dernières lettres les seules antépénultièmes diffèrent; lesquelles, en ce cas, sont habituellement des voyelles, comme dans amant, legunt, docent, etc.; donc i, e sont probablement des voyelles.

Puisque f m f (voyez G) est le commencement d'un mot, on peut raisonnablement conjecturer que m ou f est voyelle, car un mot n'a jamais trois consonnes de suite, dont deux soient les mêmes, et il est probable que c'est f puisque f se trouve quatorze fois et m seulement cinq; donc m est consonne.