De là allant à K ou g b f b c b g, on voit que, puisque f est voyelle, b sera consonne dans le b f b, par les mêmes raisons que ci-dessus; donc c sera voyelle, à cause de b c h.

Dans L ou g b g r b, b est consonne; r sera consonne, parce qu'il n'y a qu'un r dans tout l'écrit; donc g est voyelle.

Dans D ou f c g f g, il y aurait donc un mot ou une partie de mots en cinq voyelles, mais la chose est impossible. Il n'y a point de mot latin qui présente cette particularité; on se tromperait donc en prenant f c g, pour voyelles; donc ce n'est pas f, mais m qui est voyelle, et f consonne; donc b est voyelle (voyez K). Dans cet endroit K, on a la voyelle b trois fois, séparée seulement par une lettre; or on trouve dans le latin des mots où pareille circonstance se rencontre, tels que edere, legere, munere, si tibi, etc., et comme c'est la voyelle e qui est le plus fréquemment dans ce cas, il faut en conclure que b correspond probablement à l'e, et i à r.

En opérant successivement de semblable manière sur toute la phrase chiffrée, on finit par en découvrir le sens, et on trouve que le chiffre que nous avons reproduit, doit se traduire de la manière suivante:

Perdita sunt bona; Mindarus interiit: urbs strata humi est. Esuriunt tot quot superfuere vivi; præterea quæ agenda sunt consulito.

Les mots composés d'un très-petit nombre de syllabes doivent être les premiers dont on s'occupe dans les opérations du déchiffrement. Ils laissent sans trop de peine les voyelles se révéler, et cette découverte conduit à celle des consonnes. La connaissance exacte des principes généraux qui régissent l'orthographe des diverses langues est le fil qu'il faut suivre dans ces opérations minutieuses.

Indiquons quelques-uns des principes qui servent de guide pour opérer le déchiffrement d'un écrit en langue française.

Le signe qui revient le plus souvent, surtout à la fin des mots, désigne la voyelle e.

Cette lettre est la seule qui, à la fin d'un mot, se répète deux fois, comme dans désirée, fusée, etc. Ainsi, lorsqu'on trouve le même signe placé deux fois à la fin d'un mot, il y a toute probabilité que ce signe représente l'e. La voyelle e, dans un mot de deux lettres, est toujours précédée des consonnes c d j l m n s t ou suivie de celles n t.

Indépendamment de l'interjection o, qui n'est guère employée dans une dépêche secrète, il n'y a en français que deux lettres qui, seules, forment un mot complet. Ces lettres sont a et y. Si l'on trouve un signe isolé dans le texte chiffré, il est à croire qu'il correspond à une de ces deux lettres.