Dans les mots formés de deux lettres où se trouve la voyelle a, elle précède d'ordinaire les lettres h, i, u, comme dans ah ai au, ou bien elle est après les lettres l, m, n, s, t, comme dans la, ma, sa, ta.
Des diphthongues, ai, au, eu, oi, ou, la dernière est celle qui revient le plus souvent, surtout dans les mots de quatre syllabes.
Lorsque la lettre e est l'avant-dernière d'un mot, ce mot se termine d'ordinaire par l'une de ces deux consonnes, r ou s.
Lorsque la voyelle est suivie d'une autre voyelle, c'est habituellement d'un e.
Il est rare qu'un mot finisse par les consonnes b, f, g, h, p, q.
Les mots formés de trois lettres sont ceux qui donnent le plus de peine au déchiffreur, lorsque la même lettre s'y trouve deux fois comme dans été, ici, non, ses.
Supposons que vous avez découvert le monosyllabe le et que vous ayez un autre mot de trois lettres dont les premières sont l et e, vous jugerez que la troisième est un s, attendu qu'elle est la seule qui, dans un mot de trois lettres, puisse aller après le monosyllabe le et former le mot les. Dès que vous serez parvenu à connaître ce mot les, si vous trouvez un mot dont les deux premiers signes soient un e et un s, vous en conclurez que le troisième, qui vous est encore inconnu, doit être la lettre t, et que ces trois signes expriment le mot: est.
Ayant découvert la lettre s, vous examinerez si elle ne se trouve pas précéder un mot de deux lettres, dont la seconde ne soit pas la lettre e, que vous connaissez déjà. Alors ce sera nécessairement un a ou un i. Pour vous en assurer, voyez si, dans d'autres endroits, ce dernier signe ne précède pas, dans un autre mot de deux lettres, la lettre l; en ce cas, vous serez certain que c'est un i. Si, au contraire, dans un autre mot de deux lettres, ce signe suit la lettre l, vous en conclurez qu'il désigne l'a.
Lorsque ces premières recherches vous auront révélé six signes ou lettres, savoir les trois voyelles a e i, et les trois consonnes l s t, elles vous conduiront à découvrir des mots composés d'un plus grand nombre de lettres, tels, par exemple, que le mot lettre, où tout se trouvera connu, excepté la lettre r, lettre que dès ce moment vous pourrez ajouter à celles que vous connaissez déjà. Le mot cette, où tout sera connu excepté la lettre c, le mot ville où la lettre v seule était encore un mystère, se révéleront d'une façon analogue.
Quand vous serez ainsi parvenu à connaître sept ou huit mots, vous trouverez sans trop de peine les autres, en recherchant quelles sont les lettres qu'il convient de mettre entre celles qui sont déjà connues pour en former des mots. En peu de temps, vous obtiendrez, par ce procédé, une clef qui servira à déchiffrer aisément toute la dépêche.