Et le vieux braconnier se leva.
Le chien, qui était assis, les yeux fixés sur son maître, se leva aussi.
Je compris que quelque chose d'extraordinaire allait se passer, et je posai ma fourchette pour suivre avec plus d'attention tous les mouvements de l'épagneul et de son maître.
Ce dernier ouvrit une espèce d'ancien bahut, et il en tira un petit baril allongé, dans le genre de ceux dont les Marseillais se servent pour renfermer leurs anchois marinés. Ce baril était vide et défoncé par un bout.
Titano le présenta au chien qui y introduisit son museau en aspirant bruyamment à deux ou trois reprises.
Le baril fut remis dans le bahut, et le vieux braconnier revint prendre sa place à table, après avoir montré la porte à Torquato qui sortit en courant.
J'échangeai un rapide regard avec le marquis, mais nous ne fîmes aucune réflexion.
Titano avait l'air parfaitement tranquille sur les suites de l'événement.
L'absence de l'épagneul dura un peu plus d'un demi-quart d'heure.
J'étais convaincu que nous le verrions revenir apportant un baril de caviar dans sa gueule.