Il vint, et Titano tira encore de sa gibecière, qui contenait autant de choses que le chapeau miraculeux de M. Robert Houdin, une couple en poils de sanglier, et en un clin d'œil il eut attaché les deux chiens l'un à l'autre.

Soliman me regarda d'un air profondément étonné; mais, à ma grande surprise, il ne fit aucune résistance: il est vrai que nous n'en étions encore qu'au prologue de la pièce.

Titano laissa s'écouler quelques secondes sans exécuter aucun geste, sans prononcer aucune parole; puis il fit un signe de la main et il dit deux ou trois mots en patois.

Torquato regarda Soliman, et, sur mon honneur, son regard signifiait, à ne pas s'y tromper: mon cher ami, quand vous voudrez; je suis entièrement à vos ordres.

Soliman me consulta à son tour d'un coup d'œil.

—Allez! lui dis-je.

Ils partirent, ma foi! tous les deux, à ma profonde stupéfaction. Je les suivis pendant quelques instants du regard, convaincu que l'entente cordiale de ces deux bêtes ne serait pas de longue durée: l'événement ne justifia pas cette crainte: tout en galopant, Soliman tourna une ou deux fois la tête de mon côté, mais ce fut tout.

Titano se mit alors à son escalier, et nous nous occupâmes de chausser nos patins.

En moins de vingt minutes tout était terminé, et ce temps de repos m'avait à peu près remis.

Titano s'attacha une longue corde autour des reins, puis il me dit d'en faire autant; l'extrémité de la corde fut nouée à la ceinture du marquis.