Nous voulions accompagner Titano jusqu'à Pignerol, et de là nous rendre à Racconigi auprès du roi pour demander la grâce du coupable.
Nous dormîmes peu et mal: longtemps avant le jour nous étions sur pied; une lampe mourante éclairait faiblement la chambre.
Un silence profond régnait dans la cabane; on n'entendait au dehors que le pas régulier du douanier placé en faction à la porte.
Titano était exactement à la même place et dans la même position que la veille: sa tête penchée sur sa poitrine, ses deux mains appuyées sur le corps de son chien.
—Dieu soit loué, me dit le marquis à voix basse, il aura pu oublier son chagrin pendant quelques heures.
Un soupçon rapide comme l'éclair traversa mon cerveau: je pris la lampe dont je ranimai passagèrement la flamme en tirant la mèche, et je dirigeai la lumière, par-dessous, sur le visage du vieux braconnier.
—Ce n'est pas pendant quelques heures qu'il a oublié son chagrin, m'écriai-je: c'est pour toujours!—Que dis-tu là?—Qu'il est mort!—Mort!—Regarde toi-même.—C'est, ma foi, vrai! Eh bien! c'est ce qui pouvait lui arriver de plus heureux, puisqu'il avait perdu tout ce qu'il aimait dans ce monde.
Nous pensons que nos lecteurs seront de cet avis.
FIN.