Il essaya d'éveiller quelque marchand dans sa boutique: il frappa rudement à des volets, entre les fentes desquels il avait entrevu de la lumière; mais la lumière s'éteignit, et la boutique resta close et muette.
Il espérait toujours rencontrer une patrouille du guet.
Cette nuit-là, le guet ne se montra nulle part, et les gens sans aveu, qui étaient à cette époque plus nombreux que les soldats du guet, se tinrent renfermés dans leurs cours des Miracles.
VI
Une heure sonnait en carillon à l'horloge du palais, lorsque le gentilhomme breton, découragé de ces recherches inutiles, retourna lentement sur ses pas et interrogea plusieurs fois les mêmes rues, avant de revenir à son point de départ.
Il se trouvait sur le bord de l'eau, à l'extrémité de la rue de la Vieille-Monnaie; mais comme il ne vit pas Jacques de Savereux qu'il y avait laissé endormi, il crut un moment s'être encore égaré et n'avoir pas regagné au même endroit le bord de la rivière.
La vue du Louvre, qu'il apercevait à travers une espèce de brume, l'empêcha de chercher ailleurs le lieu où était resté son compagnon de route; il appela M. de Savereux à plusieurs reprises, longea les premières maisons bâties sur la grève et arriva justement à la place que le dormeur avait occupée: il y ramassa une chaîne d'or.
C'était bien la chaîne qu'il avait ôtée de son cou et que Jacques de Savereux avait mise au sien.
Cette chaîne valait une grosse somme, et l'on pouvait affirmer que celui qui la portait n'avait point été attaqué par des voleurs, puisqu'un objet de si grand prix se trouvait à terre et témoignait que personne ne l'y avait vu.
Yves de Curson en conclut que cette chaîne s'était détachée dans la chute du gentilhomme ivre.