—Oui, oui, le protégé de la gentille Giselle; je me le rappelle. Ah! mon ami, sois béni: sans toi, je perdais mon fils, mon seul bonheur, mon seul espoir, car je n'ai plus que lui en ce monde!
—Madame la baronne... balbutia Jacquot.
—Que ferons-nous jamais pour te récompenser, pour te remercier, veux-je dire? Comprends-tu? Sans toi, j'aurais perdu mon fils, mon Léo! Non, tu es trop jeune, tu ne connais pas encore la douleur! Tu ne me comprends pas! Ah! cher petit! pense donc au désespoir de ta mère si le malheur te rappait un jour!
—Les autres consoleraient la mère, reprend Jacquot, plus fier que jamais de sa nombreuse famille; elle n'a pas qu'un seul petit, la mère!
—Ah! mon enfant! les caresses de tous ne consolent pas de la perte d'un seul!»
Ému de la tristesse de cette femme belle, jeune et riche, dont l'amour est concentré sur la tête d'un enfant chétif, inintelligent et maladif, le docteur rapproche les deux garçons dans une étreinte affectueuse; il joint leurs mains, il entraîne leurs cœurs unis par un sentiment de reconnaissance et de dévouement!
«Vous n'avez pas de frère, monsieur Léo, eh bien! il faudra aimer Jacquot.
—Je l'aime, répond l'enfant.
—Il viendra vous voir souvent, il jouera avec vous, il vous contera des histoires...