Note 46: Du Tillet.[Retour au Texte Principal]
Note 47: Recueil des rois de France, page 418.[Retour au Texte Principal]
Note 48: Il n'est pas exact de dire que toute espèce de service près du roi ou de la reine fût, comme l'a dit madame Campan, un service d'honneur, entrât dans le service d'honneur, ou que le service d'honneur s'étendît à tous les détails du service nécessaire du roi ou de la reine. Cette proposition n'a besoin que d'être énoncée pour être hors de doute. Il est triste que madame Campan ait voulu prouver que la vanité de cour tenait à honneur les services les plus bas, et qu'elle en ait donné pour exemple le service que la dame d'honneur fait près de la reine malade et alitée. Quand la reine prenait médecine, dit-elle, c'était la dame d'honneur qui devait retirer le bassin du lit. Madame Campan oubliait que rien ne peut être bas dans les services rendus aux malades. Au fait, le service d'honneur, qui peut s'étendre à tout ce qui marque du respect et du zèle pour le prince, n'a jamais compris ce qui est bas et répugnant. Le service d'honneur passe la chemise au roi et ne lui met pas les bottes; il donne à laver les mains et ne fait point la barbe; il donne un mouchoir blanc et ne relève point le linge sale; il présente un verre d'eau et ne donne point à laver la bouche, etc. Mais il ne suffit pas que le service n'ait rien d'avilissant pour constituer le service d'honneur; il faut de plus que l'importance des personnes qui le remplissent en fasse un honneur pour la personne du roi. Ce mot de service d'honneur désigne un service rendu en honneur de la majesté royale, pour honorer la personne du roi, par des personnes qui elles-mêmes reçoivent les honneurs de cour.
Madame Campan aurait pu se récrier ici, et demander comment concevoir que le service d'un sujet honore le roi; qu'un sujet, quel qu'il soit, se croie en droit de dire qu'il fait au roi l'honneur de le servir? Sans doute on ne peut pas dire qu'un sujet fait au roi l'honneur de le servir, mais on peut dire qu'il lui porte honneur en le servant.
Corneille a dit:
Je sais ce que l'on doit de respect et d'honneur
Aux vertus, au courage, et surtout au malheur.
On peut dire dans le même sens: Je sais ce que l'on doit de respect et d'honneur à la majesté royale.
Du Tillet s'exprime ainsi au sujet du service des grands officiers de la maison du roi: «Encore que les rois eussent les grands officiers de leur maison pour leur service ordinaire, quelquefois, pour honorer la solennité de leur sacre et couronnement, ils faisoient servir lesdits offices, lesdits jours, par autres de plus haute étoffe et éminence.» Et Du Tillet cite les princes du sang. Voilà bien le service du roi, honorant le roi, lui rendant honneur, lui portant honneur, ajoutant aux honneurs de la solennité qui en réunit le plus de tout son règne. D'un autre côté on conçoit très bien comment un service qui honore le roi, qui ajoute aux honneurs dus au roi, est en même temps un service honorable pour celui qui le rend; et pourquoi l'on dit à la cour, qu'un grand cède à un plus grand les honneurs du service: c'est qu'il est honorable de faire ce qu'il n'appartient pas à tout le monde de faire. Il n'appartient pas à tout le monde d'ajouter par son service à la grandeur et à la majesté royale. C'est donc une expression très juste d'appeler honneur du service l'exercice de quelque partie du service d'honneur. De sorte que le mot de service d'honneur exprime un service qui honore celui qui le reçoit et celui qui le rend, au lieu que les honneurs du service ne désignent que les honneurs dont jouit celui qui le fait: dans cette locution, le service d'honneur, l'honneur est pour le roi; dans cette autre, les honneurs du service, l'honneur est pour l'officier qui le fait.[Retour au Texte Principal]
Note 49: La Bruyère.[Retour au Texte Principal]
Note 50: Histoire de François Ier, par Gaillard, t. VII, p. 229.[Retour au Texte Principal]