Se chercher sans se joindre, parce qu’au jeu de barres on poursuit ceux qui fuient, et on fuit ceux qui poursuivent.
Avoir barres sur quelqu’un.
Avoir quelque avantage sur lui; comme le joueur de barres sur ceux de ses adversaires qui sont partis du camp avant lui.
Ne faire que toucher barres.
Ne point s’arrêter dans un endroit; à l’exemple du coureur qui, rentré au camp en repart aussitôt pour s’élancer à la poursuite de ceux devant lesquels il fuyait.
BASILIC.—Regard de basilic.
C’est une ancienne croyance populaire, encore existante chez les paysans, que les vieux coqs pondent quelquefois un œuf qui éclot dans le fumier et produit une espèce particulière de basilic, reptile redoutable auquel on attribue le pouvoir de tuer par son seul regard quiconque s’y trouve exposé, et de se tuer lui-même quand il se voit dans une glace[18]. De là ces expressions proverbiales: Lancer des regards de basilic, et Faire des yeux de basilic à quelqu’un; c’est-à-dire des regards et des yeux enflammés de fureur qui donneraient la mort, s’ils le pouvaient, à la personne contre laquelle ils sont dirigés.
Les vieux coqs ne se mêlent pas de la procréation du basilic, et le basilic n’a pas la puissance destructive qu’on lui suppose. Les auteurs qui, dans un siècle d’ignorance, ont prétendu qu’il laissait échapper de ses rayons visuels un poison meurtrier, ne méritent aucune foi; ils ont extravagué, et Borel a extravagué plus qu’eux encore, lorsqu’il a parlé dans ses Centuries d’un individu de sa connaissance dont les regards avaient une maligné si pernicieuse, si terrible, qu’ils fesaient périr les petits enfants, desséchaient les mamelles des nourrices, les plantes et les fruits, corrodaient et perçaient toute espèce de verres. Quel embarras n’aurait pas éprouvé cet homme-basilic, s’il eût été obligé de porter des lunettes!
BASQUE.—Courir comme un Basque.