(Boileau, sat. 3.)

Des Maizeaux, auteur de la Vie de Saint-Évremond, a observé que Boileau, le père Bouhours et Ménage, ont rapporté inexactement l’origine des coteaux, et il a donné l’explication suivante qu’il tenait de son héros, et qu’on doit regarder comme la meilleure. «M. de Saint-Evremond, dit-il, se rendit fameux par son raffinement sur la bonne chère. Mais dans la bonne chère on cherchait moins la somptuosité et la magnificence que la délicatesse et la propreté. Tels étaient les repas du commandeur de Souvré, du comte d’Olonne, et de quelques autres seigneurs qui tenaient table. Il y avait entre eux une espèce d’émulation à qui ferait paraître un goût plus fin et plus délicat. M. de Lavardin, évêque du Mans, et cordon-bleu, s’était mis aussi sur les rangs. Un jour que M. de Saint-Evremond mangeait chez lui, cet évêque se prit à le railler sur sa délicatesse et sur celle du comte d’Olonne et du marquis de Bois-Dauphin.—Ces messieurs, dit le prélat, outrent tout, à force de vouloir raffiner sur tout. Ils ne sauraient manger que du veau de rivière, il fout que leurs perdrix viennent d’Auvergne, que leurs lapins soient de la Roche-Guyon ou de Versine. Ils ne sont pas moins délicats sur le fruit; et pour le vin, ils n’en sauraient boire que des trois coteaux d’Aï, de Haut-Villiers et d’Avenay.... M. de Saint-Évremond ne manqua pas de faire part à ses amis de cette conversation, et ils répétèrent si souvent ce qu’il avait dit des coteaux, et en plaisantèrent en tant d’occasions, qu’on les appela les trois coteaux

COUCOU.Avaler comme un coucou.

Le coucou est un nourrisson insatiable et qui le paraît d’autant plus, que de petits oiseaux, tels que le rouge-gorge, la fauvette, le chantre et le troglodite, dans les nids desquels il éclot, ont de la peine à fournir de la subsistance à un hôte d’une si grande dépense, surtout lorsqu’ils ont en même temps une famille à nourrir, comme cela arrive quelquefois. De là l’expression Avaler comme un coucou.

Maigre comme un coucou.

Le coucou est très maigre au printemps, et c’est alors seulement que cette façon de parler a sa juste application, car, en automne, il devient excessivement gras, et fournit un assez bon mets aux amateurs.

Ingrat comme un coucou.

Des auteurs soupçonnent, dit Gueneau de Montbeillard, que le coucou, après avoir déposé son œuf dans le nid de la fauvette, y revient quand cet œuf est éclos, et chasse ou mange les enfants de la maison pour mettre le sien plus à son aise. D’autres veulent que ce soit celui-ci qui en fasse sa proie, ou du moins qui les rende victimes de sa voracité, en s’appropriant les subsistances que peut fournir la pourvoyeuse commune. D’autres encore supposent que cet intrus, honteux de l’être, s’envole dès qu’il peut remuer les ailes à la recherche de la véritable mère, et qu’avant de prendre son essor, le nourrisson dévore sa nourrice qui lui a donné jusqu’à son propre sang, en tuant et en lui faisant manger jusqu’à ses propres petits. Tous ces crimes, dont plusieurs sont physiquement impossibles, ont excité l’indignation de Mélanchton, qui a écrit une belle harangue contre le coucou. Il n’en fallait pas tant pour faire de cet oiseau un archétype d’ingratitude, et donner lieu au proverbe, qui est peut-être né en Allemagne où il est beaucoup plus usité qu’en France. Undankbar wie der Kuckuck.

COUDE.Lever le coude.

C’est-à-dire boire.