N’aurait pas coûté davantage.
Oh! combien le péril enrichirait les dieux,
Si nous nous souvenions des vœux qu’il nous fait faire!
Mais, le péril passé, l’on ne se souvient guère
De ce qu’on a promis aux cieux.
On compte seulement ce qu’on doit à la terre.
Jupiter, dit l’impie, est un bon créancier;
Il ne se sert jamais d’huissier.
DANSE.—Après la panse, la danse.
Les Espagnols disent: Barriga caliente, pie durmiente; à panse chaude, pied endormi. Ces deux proverbes, dont l’un caractérise la vivacité française, et l’autre la gravité castillane, expriment, d’une manière contradictoire, qu’on ne doit pas interrompre la digestion par un travail sérieux, et ils sont fondés sur cet aphorisme de l’école de Salerne:
Post cœnam, stabis—vel passus mille meabis.
Après dîner tu te reposeras—ou tu feras mille pas.
Mais notre proverbe s’emploie presque toujours pour signifier que lorsqu’on a fait bonne chère, on ne songe qu’à se divertir. C’est le sens qu’il avait chez les Grecs de qui nous l’avons emprunté, comme on peut le voir dans les Causes naturelles de Plutarque (ch. 21), où il est rapporté.