Les agios d’une mariée de village.
On désigne ainsi une toilette extraordinaire et ridicule; mais dans ce cas on devrait écrire agiaux, vieux mot qui veut dire affiquet, et qui dérive, suivant M. Éloi Johanneau, du latin aculeolus, aiguille de tête. Rabelais parle de gimpes et agiaux. On trouve écrit agiaulx dans des livres antérieurs au sien, et cette manière d’orthographier est plus près de l’étymologie que je viens de rapporter, Aculéols, acuols, agiaulx, voilà les transformations successives du mot pour devenir agiaux ou agios.
AGNEAU.—D’où vient l’agneau, là retourne la peau.
Proverbe synonyme de ceux-ci, qui sont plus usités: Ce qui vient de la flûte s’en retourne au tambour.—Bien mal acquis ne profite point.
AHAN.—Suer d’ahan.
C’est se donner une grande peine, une fatigue extraordinaire.
Le mot ahan, d’où vient le verbe ahanner, qu’on employait autrefois pour dire haleter en travaillant, est l’onomatopée du cri de respiration précipitée que laissent échapper les bûcherons dans leurs travaux. La plupart de nos vieux auteurs, depuis Jean de Meung jusqu’à Montaigne, et quelques écrivains des deux derniers siècles, se sont servis de ce terme très expressif. Je citerai Rabelais et Voltaire. Le premier a dit, dans son nouveau prologue du livre IV: «O Jupiter! vous en suâtes d’ahan, et de votre sueur tombant en terre naquirent les choux-cabus.» Le second, dans une de ses lettres, parlant de certains rimailleurs, les a désignés par la périphrase suivante: «Ces pauvres diables qui suent d’ahan dans leurs greniers pour chanter la volupté.»
Le père Labbe, qui regarde aussi le mot ahan comme une onomatopée, cite la naïveté plaisante d’un petit garçon qui disait à son père, filetoupier ou batteur de chanvre, dans l’idée de le soulager d’une partie de son travail: «Mon père, contentez-vous de battre, je vais faire ahan pour vous.»
AIDE.—Bon droit a besoin d’aide.