AFRIQUE.—Qu’y a-t-il de nouveau en Afrique?
Quid novi fert Africa?
Cette interrogation proverbiale, fréquemment employée parmi nous, au sens propre, depuis dix ans que nous sommes campés en Afrique, nous est venue des Romains. On prétend qu’elle dut sa naissance à la curiosité vivement excitée chez eux par les événements multipliés qui se succédèrent dans cette région, lorsqu’ils en firent la conquête; mais on se trompe, car la chose se disait longtemps avant l’époque dont on parle. Pline le naturaliste (liv. VIII, ch. 16) en donne l’explication suivante: «La rareté des eaux en Afrique attire les bêtes féroces vers les bords d’un petit nombre de rivières; et, comme la violence ou le plaisir accouple alors des animaux de différentes espèces, il en provient des monstres; de là le proverbe grec que l’Afrique apporte toujours quelque chose de nouveau.»
Ce proverbe se trouve dans Aristote en ces termes: Ότι άεὶ φἐρει τι λιϐὐη ϰαινὀν. Il n’est donc pas d’origine romaine, et il fait allusion aux monstruosités que la contrée africaine a produites plus que toute autre et en tout temps. Peut-être était-il présent à l’esprit de Pythagore, lorsque ce philosophe disait: «Si tu veux voir des monstres, ne va pas en Afrique; voyage chez un peuple en révolution.»
ÂGE.—L’âge n’est fait que pour les chevaux.
Pour dire qu’il ne faut pas reprocher à quelqu’un son âge, et qu’il vaut mieux considérer ses qualités que ses années.
AGIOS.—Voilà bien des agios.
Voilà bien des discours, des cérémonies, des prétentions.
Agios est un mot grec par lequel commencent trois versets qui sont chantés trois fois chacun, la veille de Pâques, pendant l’adoration de la croix. Ce mot, qui signifie saint dans la langue d’où il est tiré, se trouve employé chez nos vieux auteurs comme synonyme de oraison, prière. Mais aujourd’hui il n’est plus qu’un terme d’emphase dont le peuple se sert dans les diverses acceptions énoncées en tête de cet article.