Un homme n’ayant plus ni crédit ni ressource,
Et logeant le diable en sa bourse,
C’est-à-dire n’y logeant rien.
(La Fontaine, fable 16 du livre IX.)
On a prétendu que cette expression devait son origine à une anecdote qui est racontée fort agréablement dans l’épigramme suivante de notre vieux poëte Saint-Gelais:
Un charlatan disait en plein marché
Qu’il montrerait le diable à tout le monde.
Si n’y eust nul, tant fust-il empesché,
Qui ne courust pour voir l’esprit immonde.
Lors une bourse assez large et profonde,
Il leur déploye et leur dit: Gens de bien,
Ouvrez vos yeux, voyez, y a-t-il rien?
—Non, dit quelqu’un des plus près regardans.
—Et c’est, dit-il, le diable; oyez-vous bien
Ouvrir sa bourse et ne voir rien dedans?
Ce n’est point de là certainement que l’expression est venue. Elle a précédé l’anecdote qui lui doit une bonne partie de son sel, et elle est née à une époque où toutes les monnaies étaient frappées à l’effigie de la croix, signe très redouté du diable, comme chacun sait: ce qui donna lieu d’imaginer que si le diable voulait se glisser dans une bourse, il fallait nécessairement qu’il n’y eût ni sou ni maille. Cette explication se justifie par un vieux proverbe fort original que voici: Le plus odieux de tous les diables est celui qui danse dans la poche, quand il n’y a pas la moindre pièce marquée du signe de la croix pour l’en chasser.
Les menteurs sont les enfants du diable.
Le diable est nommé le père du mensonge dans l’Écriture sainte, et le mot grec διἁϐολος, d’où dérive le nom du diable, signifie calomniateur.
Envoyer quelqu’un à tous les mille diables.
On croit que cette expression proverbiale fait allusion à une bande de voleurs qui exercèrent un fameux brigandage, en 1523, dit l’historien Duplex, et se firent nommer les mille diables.