DIAMANT.C’est un diamant sous le marteau.

Cette expression, par laquelle on désigne un homme fort et constant dans ses disgraces, est fondée sur une vieille opinion populaire qui attribuait au diamant plusieurs vertus qu’il n’a point, et particulièrement celle de résister à l’action du marteau. Cette opinion est consignée dans le Propriétaire des choses, liv. XVI, ch. 8, où il est dit que le diamant est de tous les corps le plus dur, que le marteau ne peut le briser, ni le feu le détruire, mais que le sang d’un jeune bouc a la faculté de le dissoudre. Credat judæus Apella.

DIEU.L’homme propose et Dieu dispose.

C’est-à-dire que les desseins des hommes ne réussissent qu’autant qu’il plaît à Dieu; que leurs entreprises tournent fréquemment au contraire de leurs projets et de leurs espérances. Les Espagnols disent: Los dichos en nos, los hechos en dios; les dits en nous, les faits en Dieu.

Il y a souvent dans les affaires les mieux concertées des rencontres imprévues qui les font échouer ou réussir, comme pour prouver l’insuffisance des calculs humains et manifester la supériorité de la Providence. L’homme dispose sa voie, dit la Sagesse, et Dieu conduit ses pas; ce que Fénelon a redit heureusement dans cette phrase de son beau sermon pour la fête de l’Épiphanie: «Dieu ne donne aux passions humaines, lors même qu’elles semblent décider de tout, que ce qu’il leur faut pour être les instruments de ses desseins. Ainsi, l’homme s’agite et Dieu le mène

Écoutons Bossuet sur la même matière. «Il n’y a point de hasard, dit-il, dans le gouvernement des affaires humaines, et la fortune n’est qu’un mot qui n’a aucun sens. Tout est sagesse et providence. On a beau compasser dans son esprit tous ses discours et tous ses desseins, l’occasion apporte toujours je ne sais quoi d’imprévu; en sorte qu’on dit et qu’on fait toujours plus ou moins qu’on ne pensait. Et cet endroit inconnu à l’homme dans ses propres actions et dans ses propres démarches, c’est l’endroit secret par où Dieu agit, et le ressort secret qu’il remue.»

Aux petits des oiseaux Dieu donne leur pâture.

La providence de Dieu est grande, elle pourvoit à la subsistance de toutes les créatures.—Les Espagnols disent: Les petits oiseaux des champs ont le bon Dieu pour maître-d’hôtel. Il y a dans leur proverbe je ne sais quel mélange de fierté et de confiance qui caractérise la pauvreté castillane, habituée à ne pas travailler et à vivre au soleil, dans des vestibules de palais et sous des porches d’église.