Expression employée le plus souvent dans un sens ironique pour dire, tirer l’épée, dégaîner. La flamberge, ou grande flambe, était une épée très ancienne dont la lame imitait les ondulations de la flamme par la configuration de son coupant, et présentait l’image du glaive de feu que tenait à sa main l’ange chargé de garder l’entrée du paradis terrestre. Renaud de Montauban se servait d’une flamberge, et l’on a regardé à tort le nom de flamberge comme particulier à l’arme du héros.—Notez que flambe, d’où vient flamberge, s’est dit autrefois pour flamme.
FLANC.—Se battre les flancs.
Cette locution, qu’on emploie en parlant d’une personne dont les grands efforts pour faire une chose n’obtiennent qu’un très petit résultat, est une métaphore prise des habitudes du lion qui se bat les flancs de sa queue lorsqu’il veut s’exciter au combat.—Les Grecs usaient d’une pareille métaphore en appelant Alcée la queue du lion. Mais leur expression n’était pas ironique comme la nôtre; elle caractérisait le mâle génie de ce poëte qui animait leur valeur.
FLANDRE.—Faire flandre.
C’est faire comme en Flandre, c’est-à-dire faire faillite, s’évader; car autrefois les banqueroutiers étaient plus communs en Flandre que partout ailleurs, en raison du grand nombre de commerçants qu’il y avait dans ce pays.
FLANDRIN.—C’est un grand flandrin.
De quel pays est donc ce grand jeune homme, dont le jargon est si singulier et les manières si empruntées? demandait une dame, en parlant d’un étranger qui venait de sortir d’un salon où il avait fait sa première entrée. On lui répondit: Il est de la Flandre. Une semaine après, se trouvant dans la même société, et n’y revoyant pas cet original: Où est donc, dit-elle, le grand flandrin? Alors tout le monde de rire, et de répéter le mot, appliqué depuis comme un sobriquet aux hommes élancés, fluets, de mauvaise contenance et même un peu niais.
On pensera peut-être que l’anecdote a été faite à plaisir, et l’on adoptera plus volontiers l’opinion des lexicographes qui disent que l’expression est une métaphore prise des chevaux flamands maigres et allongés, que les maquignons appellent flandrins.
FLATTER.—Qui te flatte veut te tromper.