Fistula dulce canit volucrem dum decipit anceps.

La flûte fait entendre de doux sons quand l’oiseleur trompe l’oiseau.

Suivant le proverbe basque, le flatteur est proche parent du traître. Lausengaria traidorearen hurren ascasia.

Les Italiens disent: Gola degli adulatori sepolcro aperto; bouche des flatteurs, sépulcre ouvert; ce qui est traduit littéralement de ces paroles du psalmiste: Sepulcrum patens est guttur eorum.

Pessimum inimicorum genus laudantes (Tacite, in Agric., cap. 41). Les flatteurs sont la pire espèce des ennemis.

FLEUR.Qui peint la fleur n’en peut peindre l’odeur.

Qui pingit florem non pingit floris odorem.

Avis aux hypocrites. Leur vertu simulée ne saurait parvenir à passer pour naturelle, et toujours elle se reconnaît comme la fleur peinte ou artificielle à l’absence de ce parfum exquis qu’exhale la véritable vertu.

FLEURETTE.Conter fleurettes.

Tenir des propos galants.—Cette expression est venue, suivant la remarque de Le Noble, de ce qu’il y avait en France, sous Charles VI, des pièces de monnaie marquées de petites fleurs et nommées, pour cette raison, florettes ou fleurettes, de même qu’on nomme encore florins une monnaie d’or ou d’argent qui portait primitivement l’empreinte d’une fleur. Ainsi conter fleurettes aurait d’abord signifié compter de l’argent aux belles pour les séduire, ce qui est bien souvent le moyen le plus persuasif, d’après ce vieux proverbe: Amour peut moult, argent peut tout. Ceux qui rejettent cette origine allèguent la différence qu’il y a entre conter et compter; mais ce n’est point là une bonne raison, puisque autrefois ces deux mots étaient confondus sous le rapport de l’orthographe, comme je l’ai prouvé en expliquant la locution conter des fagots. Cependant je n’adopte point l’opinion de Le Noble, je crois qu’il est plus naturel d’entendre par fleurettes les fleurs du langage. Les Grecs disaient: ῥῶδα εἴρειν, et les Latins de même, rosas loqui. On trouve, dans quelques auteurs français du quinzième siècle, dire florettes[46], et il existe un vieux livre intitulé: «Les fleurs de bien dire, recueillies aux cabinets des plus rares esprits de ce temps, pour exprimer les passions amoureuses de l’un et de l’autre sexe, avec un amas des plus beaux traits dont on use en amour, par forme de dictionnaire. Paris, 1598, chez Guillemot.»