GREC.Être Grec.

Les Grecs ayant de l’instruction, quand les autres peuples étaient dans l’ignorance, ont dû nécessairement passer pour habiles. De là cette expression qu’on applique à un homme fin, adroit, subtil, rusé, et même perfide. Les Romains donnaient le même sens au verbe græcari, agir à la manière des Grecs, et ils appelaient l’art de tromper, ars pelasga, art des Grecs.

On dit d’un homme peu instruit ou peu industrieux, qu’il n’est pas grand Grec, ou habile Grec.

Passez, c’est du grec.

C’est-à-dire, ne vous occupez pas, ne vous mêlez pas de cela, car vous n’y entendez rien. Cette locution a sans doute tiré son origine de la coutume des glossateurs. On prétend que lorsqu’ils tombaient sur quelque mot grec dans les manuscrits latins, ils cessaient d’interpréter, et en donnaient pour raison que c’était du grec qui ne pouvait être lu: Græcum est, non potest legi.

GREDIN.C’est un gredin.

Il y avait autrefois chez les grands seigneurs des valets du dernier ordre qui se tenaient toujours sur les gradins, c’est-à-dire sur les degrés de l’escalier, sans jamais entrer dans l’appartement. On leur donnait à cause de cela le nom de gredins, corrompu de celui de gradins, et ce nom devint par la suite un terme injurieux, pour signifier un homme du néant, un homme sans naissance, sans bien ni qualités, un mauvais gueux.

Gredin s’emploie aussi pour désigner un fripon, et l’on prétend que, dans ce sens, l’expression est une métaphore prise du chien du même nom, dont la mauvaise réputation vient de ce que les individus de la race à laquelle il appartient sont uniquement propres à quêter et à piller. Certain fournisseur du temps du directoire, ne manquait jamais d’appeler gredins ceux de ses agents qui trompaient sa confiance. Ne me parlez pas de ce gredin-là, disait-il d’un de ses employés les plus intelligents: c’est un chien qui quête, mais qui ne rapporte pas.

GRELOT.Attacher le grelot.