Si l’habit du pauvre a des trous, celui du riche a des taches.
Proverbe qui revient à cette sentence latine traduite d’un vers grec de Théognis: Virtutem egestas, divitiæ vitium tegunt, les haillons de la misère couvrent la vertu, le manteau de la fortune couvre le vice.
Il semble, dit Platon, que l’or et la vertu soient placés des deux côtés d’une balance, et qu’on ne puisse ajouter au poids du premier sans que l’autre devienne au même instant plus léger.
L’habit volé ne va pas au voleur.
Les biens mal acquis ne profitent point.
Porter un habit de deux paroisses.
Autrefois les paroisses étaient tenues de lever à leurs frais pour l’armée un certain nombre de pionniers, qu’elles devaient, en outre, équiper complétement; mais chacune d’elles avait le droit de revêtir les siens d’une livrée particulière: d’où il résultait que, lorsque deux paroisses réunies ne fournissaient qu’un seul homme, le costume dont elles l’affublaient était mi-partie de deux étoffes de différente couleur. Ce qui donna naissance à l’expression proverbiale porter un habit de deux paroisses, qui n’a pas besoin d’être expliquée au propre, et qui signifie, au figuré, agir ou parler tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, être ce qu’on nomme communément un homme à deux visages, ou comme disaient les Latins, homo bilinguis, un homme à deux langues, ou à deux paroles.
La Fontaine a dit, dans la onzième fable du livre XII:
Quoique ainsi que la pie il faille dans ces lieux
Porter habit de deux paroisses.