HOTE.—Qui compte sans son hôte compte deux fois.
On se trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a intérêt à l’affaire, quand on espère ou qu’on se promet une chose qui ne dépend pas absolument de soi.—Les fréquents démêlés des voyageurs avec leurs hôtes, lorsqu’il s’agit de régler les comptes, ont donné lieu à ce proverbe.
HUCHE.—Enflé du vent de la huche.
Expression proverbiale qu’on applique à une personne dont les joues sont rebondies, et qui a le pain à discrétion.—On appelait autrefois vent de la huche un vent qu’on fesait en ouvrant et fermant avec précipitation la huche ou le pétrin. Ce vent était réputé très salutaire dans plusieurs maladies; on croyait surtout qu’il pouvait guérir ceux qui avaient le visage couvert de dartres, et donner de l’embonpoint aux gens d’une excessive maigreur, lorsqu’ils étaient exposés à son action trois fois chaque matin, pendant neuf jours consécutifs. Il est fort probable que l’expression proverbiale est née d’une allusion à cette pratique superstitieuse.
HUITRE.—C’est une huître à l’écaille.
On a regardé l’huître comme étant placée au dernier degré de l’animalité, quoiqu’il y ait au-dessous d’elle un assez grand nombre d’animaux qui lui sont inférieurs sous le rapport de l’organisation, ainsi que des résultats de l’organisation, et l’on a cru que ce bivalve, jugé incapable de se mouvoir, était à peine doué de sensibilité, et totalement dépourvu des facultés de l’instinct: de là l’expression proverbiale dont on se sert pour désigner une personne fort stupide.
Raisonner comme une huître.
C’est-à-dire fort mal, en dépit du bon sens.—Cette expression peut être dérivée de la même observation que la précédente; cependant on pense qu’elle est provenue d’une allusion aux discours tenus par une huître dans la Circé de Giovanne Baptista Gelli, poète et philosophe florentin. Cet ouvrage, qui fut très répandu et très goûté en France au XVIe siècle, représente Ulysse dialoguant avec ses compagnons changés en bêtes, et cherchant à leur persuader de reprendre la forme humaine, que la magicienne Circé doit leur rendre, pourvu qu’ils en témoignent le désir. Le premier auquel il s’adresse est une huître, qui se montre fort contente de l’être, et qui veut prouver par une foule de raisons qu’une huître vaut mieux qu’un homme. Il s’adresse ensuite tour à tour aux autres; mais tous, à l’exception du dernier, qui est l’éléphant, lui répondent par de semblables arguments; ils raisonnent comme l’huître.
HUPPÉ.—Les plus huppés y sont pris.
C’est-à-dire ceux qui se croient les plus habiles y sont pris.