Autrefois les personnes les plus considérables avaient leur couvre-chef orné d’une huppe ou d’une houppe; la huppe était une touffe de plumes et la houppe un flocon de soie, de fil ou de laine. Fauchet remarque qu’on disait les plus huppés en parlant des gens de guerre, et les plus houppés en parlant des clercs ou gens de lettres. Les raisons sur lesquelles était fondée cette différence n’ont pas entièrement cessé d’exister. Encore aujourd’hui l’ecclésiastique et l’homme de robe, quand ils sont en fonction, portent un bonnet surmonté d’une houppe, et certains militaires ont un plumet à leur chapeau ou à leur casque.—Montaigne a dit des plus crêtés pour des plus huppés. (Ess., liv. III, ch. 5.)
I
I.—Mettre les points sur les i.
L’addition du point sur l’i minuscule est une invention moderne. Son origine date de l’époque où l’on adopta les caractères gothiques. Deux i se confondant quelquefois avec un u, on les distingua par des accents tirés de gauche à droite, et cet usage s’étendit à l’i simple, quoique, selon l’auteur du Dictionnaire diplomatique, l’i simple pût s’en passer. Les accents devinrent des points au commencement du XVIe siècle. Ce dernier changement, adopté d’abord par quelques copistes, parut vétilleux à quelques autres, et de là vint la locution mettre les points sur les i, dont on fait l’application à une personne qui pousse l’exactitude jusqu’à la minutie.
ILOTE.—Traiter quelqu’un comme un ilote.
C’est-à-dire avec une excessive rigueur.—Les ilotes étaient originairement les habitants de la ville d’Hélos, située près de l’embouchure de l’Eurotas, en Laconie. Devenus tributaires de Sparte sous le règne d’Agis, ils entreprirent de reconquérir leur indépendance sous celui de Sous; mais ayant été vaincus, ils furent réduits en esclavage avec toute leur postérité, et distribués dans les terres des vainqueurs pour être employés aux travaux de l’agriculture. Depuis lors, traités toujours avec barbarie, quelquefois égorgés par milliers, sous prétexte que leur trop grand nombre pouvait les porter à la révolte, ces malheureux se perpétuèrent dans cet état d’oppression jusqu’au temps de la domination romaine. L’empereur Auguste leur rendit la liberté et leur permit de prendre le nom d’Eleuthéro-Laconiens, en mémoire de leur affranchissement. Ce qui n’empêcha pas celui d’ilotas de rester comme synonyme d’esclaves.—Ils auraient dû être appelés hélotes, dit l’abbé Gedoyn, mais parce qu’ils étaient λιλῶτες (prisonniers de guerre), ils furent appelés hilotes ou ilotes, tant à cause du nom d’Hélos qu’à cause de leur état.
IMAGINATION.—L’imagination est la folle du logis.
L’imagination est de toutes les facultés intellectuelles la plus sujette à s’égarer quand la raison ne lui sert pas de guide; elle est la cause de beaucoup d’écarts, de beaucoup de folies. Théophraste compare l’imagination sans jugement à un cheval sans frein.—Cette dénomination proverbiale de folle du logis a été employée pour la première fois par sainte Thérèse. Montaigne, Malbranche, Voltaire, etc., ont pris plaisir à la répéter.
IMPOSSIBLE.—A l’impossible nul n’est tenu.