JEAN.
Jean! que dire sur Jean? C’est un terrible nom,
Que jamais n’accompagne une épithète honnête.
Jean-des-Vignes, Jean-Lorgne.., où vais-je? Trouvez bon
Qu’en si beau chemin je m’arrête.
(Madame Deshouilières.)
On donne le nom de Jean à un benet, à un mari qui souffre patiemment les infidélités de sa femme. L’acception de dénigrement attachée à ce nom, soit seul, soit accompagné d’une épithète, vient sans doute de ce qu’il a été souvent confondu avec son homonyme jan, dont on peut voir l’explication dans l’article Cornes.
Faire comme saint Jean, qui donnait le baptême sans l’avoir reçu.
Se mêler d’enseigner ce qu’on n’a pas appris.
JEAN DE LAGNY.—C’est un Jean de Lagny, il n’a pas hâte.
Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, allait à Paris à la tête de ses gens, lorsqu’il reçut à Châtillon-sur-Seine un ordre du roi qui lui défendait de poursuivre sa route. Malgré cette défense, il s’avança jusqu’à Lagny où il séjourna deux mois, pendant lesquels il envoya plusieurs messages en cour, dans l’espérance d’obtenir ce qu’on lui refusait. Mais toutes ses démarches ayant été inutiles, il se retira en Flandre. Les Parisiens se moquèrent de la longue inaction où il était resté et l’appelèrent Jean de Lagny qui n’a hâte, sobriquet passé depuis en proverbe.