LAMBIN.C’est un Lambin.

Denys Lambin, professeur au collége de France, vers le milieu du XVIe siècle, donna plusieurs commentaires sur Plaute, Lucrèce, Cicéron, Horace, etc., dans lesquels on trouva une érudition vaste, mais fastidieuse par la prolixité des remarques, et ce fut par allusion à ce défaut que s’introduisirent les expressions proverbiales c’est un Lambin, il ne fait que lambiner, dont on se sert en parlant de quelqu’un qui met beaucoup de lenteur dans ce qu’il fait, qui n’en finit pas.

LAME.La lame use le fourreau.

La vivacité de l’esprit use le corps.—«Ce proverbe, dit M. de Bonald, exprime une vérité certaine en physiologie, autant qu’en morale; et je crois que la première cause et la plus active de la dissolution, tantôt plus prompte, tantôt plus lente de nos organes, est leur faiblesse relativement à la force de la volonté et à l’exigence continuelle de ce maître impérieux. De là ces désirs qui nous tourmentent, ces efforts qui nous consument, ces chimères de plaisirs ou de travaux qui font le malheur des méchants et souvent le désespoir des gens de bien, et cette lutte éternelle de l’homme intérieur contre l’homme extérieur, rebelle par impuissance aux volontés de l’ame, et dont la force apparente, comparée à celle de l’ame, n’est jamais qu’une faiblesse réelle.»

LANCE.Rompre une lance ou des lances.

La lance était l’arme principale dont les chevaliers se servaient. Ils fesaient assaut de lances dans les tournois, et souvent ils en brisaient plusieurs en se chargeant l’un l’autre vigoureusement. De là les expressions, autrefois employées au propre et maintenant au figuré, rompre une lance ou des lances avec quelqu’un, c’est-à-dire se mesurer avec lui à quelque exercice, à quelque jeu d’adresse, lui disputer un avantage, une supériorité, et rompre une lance ou des lances pour quelqu’un, c’est-à-dire prendre son parti, le défendre contre ceux qui l’attaquent.

Baisser la lance devant quelqu’un.

C’est lui céder, reconnaître sa supériorité, car le chevalier baissait sa lance en présence d’un autre chevalier à qui il voulait rendre hommage ou contre qui il n’osait se mesurer. On dit aussi baisser la lance pour fléchir, mollir, se relâcher. Mais il ne faut pas confondre cette expression avec cette autre, baisser les lances, qui, dans nos anciens auteurs, signifie engager le combat, parce que les champions couraient l’un sur l’autre, lances baissées.

Venir ou s’en retourner à beau pied sans lance.

C’est-à-dire à pied, en mauvais équipage, comme le chevalier qui avait été démonté et avait eu sa lance brisée dans le combat.