LANGUE.—La langue va où la dent fait mal.
On disait autrefois: Où deult la dent. Deult est la troisième personne du présent de l’indicatif du vieux verbe douloir, dérivé du latin dolere.—Ce proverbe signifie qu’on parle volontiers de ses peines.
Les dents sont bonnes contre la langue.
Proverbe cité dans le Lexique de l’ancienne langue britannique, par Boxhomius: Da daint rhag rafod. Il s’explique très bien par cet autre: Il vaut mieux se mordre la langue avant de parler qu’après avoir parlé.—Les Arabes disent: La bouche est la prison de la langue.
Il vaut mieux glisser du pied que de la langue.
Ce proverbe est pris du latin: Satius est equo labi quàm linguà. Il nous enseigne que les paroles indiscrètes peuvent attirer les plus grands maux sur leur auteur.—Lapsus falsæ linguæ quasi qui in pavimentum cadens (Eccles., c. XX, v 20). La chute de celui qui pèche par sa langue est comme une chute sur le pavé.
La langue est le témoin le plus faux du cœur.
On connaît le mot attribué à un diplomate célèbre de notre siècle, le prince de Talleyrand: La parole nous a été donnée pour déguiser notre pensée.
Tirer la langue.