S’il fait beau, prends ton manteau; s’il pleut, prends-le si tu veux.

Il faut prévoir les éventualités fâcheuses et se prémunir contre elles, lors même qu’elles ne paraissent pas probables.

De loin contre l’orage un nautonier s’apprête,
Avec le vent en poupe il songe à la tempête. (Piron.)

Quant à la seconde partie du proverbe, c’est une manière originale de faire sentir l’importance attachée au conseil exprimé dans la première.

MARGUERITE.A la franche marguerite.

Telle est la disposition du cœur de l’homme que, dans toutes les passions qu’il éprouve, il ne saurait jamais s’affranchir d’une sorte du superstition. On dirait que ne trouvant, dans le monde réel, rien qui réponde pleinement aux besoins d’émotion et de sympathie produits par l’exaltation de son être, il cherche à étendre ses rapports dans un monde merveilleux. C’est surtout dans l’amour que se manifeste cette disposition. L’amant est curieux, inquiet. Il veut pénétrer l’avenir pour lui arracher le secret de sa destinée. Il rattache ses craintes ou ses espérances à toutes les pratiques que son imagination lui fait croire capables de changer la volonté du sort ou de la disposer en sa faveur. Il veut trouver dans tous les objets de la nature des assurances contre les craintes dont il est agité. Il les interroge sur les sentiments de celle qu’il adore. Les fleurs qui lui présentent son image lui paraissent surtout propres à révéler l’oracle de l’amour. Lorsqu’il va rêvant dans la prairie, il cueille une marguerite, il en arrache les feuilles l’une après l’autre, en disant tour à tour: Elle m’aime, pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément. Si la dernière feuille amène pas du tout, il gémit, il se désespère; si elle amène passionnément, il s’enivre de joie, il se croit destiné à la félicité; car la marguerite est trop franche pour le tromper.

MARIAGE.En mariage trompe qui peut.

Il n’est pas besoin d’expliquer ce proverbe; mais il est bon de recommander à ceux qui se marient de s’en souvenir, et à ceux qui sont mariés de l’oublier.

Un bon mariage est difficile à faire même en peinture.

C’est ce que dit un plaisant en voyant les sept sacrements du Poussin, où le tableau du mariage est plus faible que les autres, et le mot passa en proverbe.