Les mariages sont écrits dans le ciel.

C’est-à-dire que les mariages sont souvent imprévus, et semblent dépendre de la destinée plutôt que des calculs humains.—Je ne sais s’il est vrai que les mariages soient écrits dans le ciel; mais il est sûr qu’il y en a toujours beaucoup sur lesquels le diable a de bonnes hypothèques.—Une donzelle, qui ne trouvait point à se marier, s’écriait un jour avec un certain dépit: Vous verrez que si mon mariage est écrit au ciel, c’est assurément au dernier feuillet.

MARIÉE.Il a vu la mariée.

Cette expression, qu’on applique à quelqu’un qui a été troublé par une fausse alerte, fait allusion à une anecdote militaire que Strada rapporte ainsi: lorsque l’armée espagnole envoyée en Flandre, sous les ordres du duc d’Albe, était établie près de Groningue, à dessein de chasser de la Frise le comte Louis de Nassau, les éclaireurs, ayant entendu de loin des tambours, et distingué quatre drapeaux qui venaient à eux, coururent annoncer au duc que l’ennemi arrivait. Mais, au lieu de l’ennemi, c’était une nouvelle mariée que des paysans conduisaient avec tout l’appareil d’une fête rustique, et les quatre drapeaux étaient des morceaux d’étoffe flottant au-dessus de quelques chariots recouverts de branchages, où se trouvaient les femmes des gens invités à la pompe nuptiale. L’historien assure que le duc d’Albe, trompé par ses coureurs, fit prendre lui-même les armes à son armée, qui ne les déposa qu’après avoir fait une décharge générale pour saluer la noce qu’elle vit défiler. Cet événement, ajoute-t-il, passa aussitôt en proverbe parmi les troupes Wallonnes, et depuis lors les soldats ne manquent jamais de demander à ceux qui arrivent à la hâte de la découverte en témoignant de la frayeur, s’ils ont vu la mariée.

MARIER.Qui se marie à la hâte se repent à loisir.

Un mariage contracté trop vite devient souvent une source intarissable de regrets, parce qu’il est rarement fondé sur le rapport des caractères, sans lequel la bonne intelligence ne saurait guère exister entre les époux.

Nul ne se marie qui ne s’en repente.

Les peines sont inséparables de l’état de mariage.—Un proverbe espagnol dit: Madre, que cosa es casar?—Hija, hilar, parir y llorar. Ma mère, qu’est-ce que se marier?—Ma fille, c’est filer, enfanter et pleurer.

Les femmes provençales qui maigrissent dans les soucis du mariage, ont ce singulier proverbe: Se uno marlusso venie veouso, serie grasso. Si une merluche devenait veuve, elle engraisserait.