Expression qu’on applique à une personne qui parle beaucoup sans rien dire. Les Persans ont ce joli proverbe qu’ils emploient dans un sens analogue: J’entends le bruit du moulin, mais je ne vois pas la farine.
Jeter son bonnet par-dessus les moulins.
C’est braver les bienséances, l’opinion publique.—On ignore l’origine de cette expression singulière, et l’on conjecture qu’elle peut être venue, en prenant sur la route une très grande extension de sens, de la phrase suivante, par laquelle on terminait les contes de fée qu’on fesait aux enfants: Je jetai mon bonnet par dessus les moulins, et je ne sais ce que tout cela devint.
Il est à remarquer que les fables sénégalaises finissent par une formule de la même espèce: Ici la fable alla tomber dans l’eau.—On fera, si l’on veut, l’application de cette formule à l’article qu’on vient de lire.
Se battre contre des moulins à vent.
Se forger des chimères, se créer des fantômes pour les combattre. Cette expression rappelle le trait de Don Quichotte se battant contre des moulins à vent, qu’il prenait pour des géants.
MOUSSE.—Pierre qui roule n’amasse point de mousse.
C’est la traduction littérale d’un adage grec employé par Lucien, et passé dans la langue latine en ces termes: Saxum volutum non obducitur musco. Sa signification ordinaire est que l’inconstance nuit à la fortune et qu’il faut se fixer à quelque établissement pour y profiter; mais on peut l’interpréter encore d’une manière plus morale en l’appliquant à la manie des voyages qui tournent trop souvent au préjudice des bonnes mœurs.
Dans maint auteur de science profonde
J’ai lu qu’on perd trop à courir le monde:
Très rarement en devient-on meilleur.
Un sort errant ne conduit qu’à l’erreur. (Gresset.)