Têtu comme un mulet.

J.-J. Rousseau a dit: Têtu comme la mule d’Edom.

Il est difficile de faire quitter au mulet la route qu’il veut suivre, et plus difficile encore de le faire marcher dans la compagnie des chevaux, pour lesquels il a une aversion extrême. La résistance qu’il oppose s’accroît d’ordinaire sous les coups qu’il reçoit, et se change en une colère terrible: alors il se précipite sur l’imprudent qui a voulu le contraindre; et malheur à celui-ci! car, en pareil cas, ainsi que le dit un proverbe provençal: Il n’y a pas de mulet qui ne tue son conducteur.

On croyait autrefois que l’homme exposé à un si grand danger n’en pouvait être sauvé que par une protection céleste: c’est ce qu’attestent quelques ex voto qui représentent l’animal furieux près d’écraser son maître sous ses pieds. J’ai vu un de ces tableaux singuliers dans la chapelle de Sainte-Anne de la cathédrale d’Apt.—Cela prouve suffisamment sans doute que l’obstination du mulet méritait de passer en proverbe; mais cela prouve aussi que l’obstination du muletier le méritait peut-être davantage.

Le duc de Vendôme disait plaisamment que, dans les marches des armées, il avait souvent examiné les querelles entre les mulets et les muletiers, et qu’à la honte de l’humanité, la raison était presque toujours du côté des mulets.

MULOT.Endormir le mulot.

Amuser un homme pour le surprendre, pour le tromper.

Cette façon de parler est une allusion à ce qui se pratiquait autrefois en plusieurs endroits, où, pour détruire les loirs et les mulots, on fesait brûler, sur la place qu’ils occupaient, certaines essences mêlées de fleur de soufre, dont la vapeur les étourdissait et les empêchait de se soustraire à l’atteinte de l’assommoir.

En 1767, les mulots dévorèrent une partie des semences. Le sieur Gosselin, laboureur, de Puzeaux en Picardie, imagina des soufflets propres à les faire périr par la vapeur du soufre, et le Gouvernement fit distribuer ces soufflets dans les provinces.

MUR.Les murs ont des oreilles.