Les pensées sont libres et ne coûtent rien. On peut en rouler tant qu’on veut dans sa tête. Mais, parmi ces pensées affranchies du contrôle, il en est beaucoup qui sont des marchandises de contrebande, et que le diable confisque à son profit.

PERCÉ.Être bas percé.

Expression qu’on applique à une personne dont les affaires sont en mauvais état, dont la bourse est à peu près vide comme un tonneau bas percé; car on perce bas les tonneaux où il ne reste presque plus de liquide.

PÈRE.Ou ne peut contenter tout le monde et son père.

On n’obtient pas l’approbation de son père par les mêmes moyens que celle des étrangers, et l’on plaît rarement à son père, quand on veut plaire à tout le monde.—Ce proverbe, dont La Fontaine a fait usage dans la fable intitulée: le Meunier, son Fils et l’Ane, se trouve dans une lettre écrite au savant Nicolas par Léonard Arétin, surnommé Brunus, auteur du XVe siècle.

PERLE.Les perles, quoique mal enfilées, ne laissent pas d’être précieuses.

Les bonnes choses qu’on dit, quoique mal liées, ne laissent pas d’avoir du prix.—Ce proverbe est pris d’une maxime littéraire des Arabes, qui distinguent deux sortes de compositions poétiques, dont ils comparent l’une à des perles détachées et l’autre à des perles enfilées. Dans la première, l’art des transitions n’existe point. Les phrases et les vers s’y succèdent sans avoir ensemble un rapport marqué, et toute leur beauté consiste dans l’élégance de l’expression ou dans la justesse de la pensée. C’est le même genre de composition que celui des Proverbes de Salomon, du livre de Job et de tous les livres antérieurs à ceux des Grecs, car ce sont les Grecs qui, les premiers, ont donné une forme parfaitement régulière aux ouvrages de poésie.

PERRUQUE.C’est une tête à perruque.

Cette expression par laquelle on désigne un homme à routine, un homme de très peu d’esprit, équivaut à tête de bois, tête incapable de penser, tête qui n’est bonne qu’à porter perruque. L’accessoire est pris pour le principal.

L’abbé de Saint-Pierre, qui avait une opinion fort opposée au célibat des prêtres et une conduite très analogue à cette opinion, fesait apprendre le métier de perruquier à tous les enfants que lui donnaient ses chambrières; et quand ses amis lui demandaient pour quel motif il préférait ce métier à tout autre, sa réponse était: C’est que les têtes à perruque ne manqueront jamais.