Donner une perruque à quelqu’un.

C’est lui faire une réprimande, lui infliger une punition. Cette façon de parler triviale a pris naissance dans quelque couvent de bénédictins ou d’autres moines que leur règle obligeait d’avoir la tête rasée, comme serfs de Dieu. Lorsque ces religieux renvoyaient un novice, reconnu indigne d’être admis à faire profession, ils lui remettaient une perruque, en remplacement de ses cheveux qui avaient été rasés, afin qu’il pût reparaître dans le monde sans scandale; et les admoniteurs, prenant occasion de cela, disaient ordinairement aux autres novices: Prenez garde de vous faire donner une perruque, de recevoir une perruque; d’où vint l’emploi de ce mot dans le sens figuré de réprimande et de correction.

PERSÉVÉRANCE.La persévérance vient à bout de tout.

Avec quelque lenteur que la persévérance marche, son succès est certain, parce qu’elle ne perd pas son objet de vue et n’interrompt jamais ses poursuites. J’ai beau n’apporter qu’une corbeille de terre, dit un adage persan; si je continue, je finirai par élever une montagne.

La goutte d’eau finit par creuser le roc.

Gutta cavat lapidem non bis sed sæpe cadendo,
Sic fimus docti non bis sed sæpe legendo.

PESANT.Valoir son pesant d’or.

Cette expression, dont on se sert en parlant d’une personne recommandable par ses bonnes qualités ou d’une chose à laquelle on attache beaucoup de prix, fait allusion, dît M. Michelet, à la forme primitive du wehrgeld ou composition[72]. Le meurtrier devait contrepeser d’or le cadavre, donner un homme d’or pour celui qu’il avait tué; et, quand ce poids ne suffisait point pour apaiser le parent de la victime, il était quelquefois obligé de l’augmenter, selon leur exigence. C’est ce qu’on peut conclure d’un passage du poëme des quatre fils Aymon, où Charles propose à Aymon de lui payer neuf fois le pesant d’or pour le meurtre de son cousin Hugo.

Ce qui se fesait pour racheter un meurtrier ou un criminel, se fesait aussi pour se racheter ou pour racheter quelqu’un d’une maladie. On offrait à Dieu ou à quelque saint le poids du malade en or, ou en argent, ou en cire. Grégoire de Tours (De Mirac. S. Martini) rapporte que Chararic, roi des Suèves, fit peser en or et en argent le corps de son fils malade, et envoya cette somme au tombeau de saint Martin, dans l’espérance que ce saint le guérirait.