L’écriture rouge était une prérogative de la famille impériale à Constantinople, et Léon Ier avait ordonné qu’aucun décret ne fût réputé authentique, s’il ne portait la signature du souverain en encre rouge. C’est pour cela, autant que pour la facilité des recherches, que s’introduisit l’usage d’écrire en encre rouge dans les institutes, les titres des lois, parce que les lois émanaient de l’empereur. Ces titres furent nommés rubricæ, rubriques, à cause de la couleur rouge; et de là vint l’expression: Savoir toutes les rubriques, qui s’employa primitivement en parlant d’un avocat habile dans la science du droit et rompu à toutes les ruses de son métier.
S
SAC.—Donner à quelqu’un son sac.
C’est le congédier brusquement, le mettre dehors, le casser aux gages.
Jean Goropius, auteur brabançon, surnommé Becanus, a remarqué que le mot sac est commun à presque toutes les langues; car on dit sakkos en grec, saccus en latin, sakk en goth, sac en anglo-saxon, sack en anglais, en allemand en danois et en belge, sacco en italien, saco en espagnol, sak en hébreu, en chaldéen et en turc, sac en celtique, sach en teuton, etc. Voulez-vous savoir la raison qu’il donne de cette conformité? Vous allez rire: c’est, dit-il, parce que, à l’époque de la confusion des langues, aucun des ouvriers qui travaillaient à la tour de Babel, n’oublia, en partant, de prendre son sac.
Se couvrir d’un sac mouillé.
C’est faire paraître le tort qu’on a en alléguant de mauvaises excuses, c’est trahir ses défauts en cherchant à les cacher. Cette expression est une métaphore prise des sculpteurs. Elle fait allusion à la draperie humide qui se colle sur les formes d’une statue.
L’affaire est dans le sac.