Le temps qui flétrit tout embellit l’amitié.

Il faut découdre et non déchirer l’amitié.

Mot de Caton l’ancien, rapporté par Cicéron en ces termes: Amicitiæ sunt dissuendæ magis quām discindendæ.

C’est quelquefois un malheur nécessaire de renoncer à certains amis; alors il faut s’en éloigner insensiblement, sans aigreur et sans colère, et faire voir qu’en se détachant de l’amitié on ne veut pas la remplacer par l’inimitié; car il n’y a rien de plus honteux que d’être en guerre ouverte après une liaison intime.

«Il ne faut pas croire, dit très bien madame de Lambert, qu’après les ruptures vous n’ayez plus de devoirs à remplir; ce sont les devoirs les plus difficiles, et où l’honnêteté seule vous soutient. On doit du respect à l’ancienne amitié. Il ne faut point appeler le monde à vos querelles; n’en parlez jamais que quand vous y êtes forcé pour votre propre justification; évitez même de trop charger l’ami infidèle, etc.»

Il ne faut pas laisser croître l’herbe sur le chemin de l’amitié.

Il ne faut pas négliger ses amis. Les Celtes disaient: «Sachez que, si vous avez un ami, vous devez le visiter souvent. Le chemin se remplit d’herbes, et les arbres le couvrent bientôt si l’on n’y passe sans cesse.»

L’amitié rompue n’est jamais bien soudée.

Les Espagnols disent par la même métaphore: Amigo quebrado, soldado, mas nunca sano. Ami rompu peut bien être soudé, mais il n’est jamais sain.

Il n’y a guère de réconciliation tout à fait sincère; la défiance ou la trahison s’y mêlent presque toujours. Asmodée, parlant de sa dispute avec Paillardoc, a dit avec autant de vérité que de finesse: «On nous réconcilia, nous nous embrassâmes, et, depuis ce temps, nous sommes ennemis mortels.»