Nitimur in vetitum semper cupimusque negata. (Ovid, lib. III, éleg. 4.)
Nous nous roidissons toujours contre ce qui nous est défendu, et nous désirons ce qu’on nous refuse.
Tel est le cœur humain, surtout celui des femmes:
Un ascendant mutin fait naître dans nos ames,
Pour ce qu’on nous permet un dégoût triomphant,
Et le goût le plus vif pour ce qu’on nous défend. (Piron, Métrom.)
ARBRE.—Quand l’arbre est tombé, tout le monde court aux branches.
Pour dire que tout le monde cherche à retirer quelque avantage de la disgrâce qui atteint un homme élevé en dignité.
On ne jette des pierres qu’à l’arbre chargé de fruits.
Il n’y a que l’homme distingué qui soit en butte aux traits envenimés de la critique: les détracteurs attaquent le mérite et laissent en paix la médiocrité. Un vieux proverbe les assimile aux chiens qui n’aboient qu’après la pleine lune sans se soucier du croissant.
ARC.—Débander l’arc ne guérit pas la plaie.
Il ne suffit pas, pour réparer ou pour guérir le mal qu’on a fait, de renoncer au moyen d’en faire.
Lorsque le roi René perdit Isabelle de Lorraine, sa première épouse, qu’il aimait beaucoup, il prit pour devise un arc dont la corde était rompue, avec ces mots italiens: Arco per lentare, piaga non sana, dont notre proverbe est la traduction, et il mit cette devise dans un beau livre d’Heures qu’il peignit pour Jeanne de Laval, sa seconde épouse, à laquelle il était aussi tendrement attaché. La Bibliothèque royale conserve ce précieux ouvrage, qui présente sur toutes les pages les lettres R I enlacées avec grâce, et sur toutes les marges plusieurs autres devises relatives aux deux princesses.