Il était recommandé dans le Lévitique d'offrir du sel dans tous les sacrifices: «In omni oblatione tua offeres sal (II, 13). Dans toutes les oblations tu offriras du sel.» Homère a donné au sel l'épithète de divin, θεῖος ἅλς. Pythagore le regardait comme le symbole de la justice, et il voulait que la table en fût abondamment pourvue. Vatable croit que les Francs admettaient le sel dans leurs pactes, pour montrer qu'ils dureraient toujours, et quelques auteurs ont pensé que de cet usage a pu dériver le nom de loi salique, qui, comme on sait, a une autre origine.

Il faut que l'amitié nous trouve ou nous fasse égaux.

Cet adage, que nous avons reçu des Latins, nous apprend que la véritable amitié ne peut bien s'établir ou se conserver que sous le régime de l'égalité, car l'amitié est la sympathie de deux âmes égales, suivant la maxime des Orientaux.—On comprend qu'il s'agit ici de l'égalité des sentiments et non de celle du rang et de la fortune, puisqu'il y a plusieurs exemples célèbres qui prouvent que deux hommes inégaux, soit en titres, soit en biens, ont été de parfaits amis.—Bossuet a dit de cette amitié entre les inégaux qu'elle se soutient d'un côté par l'humilité et de l'autre par la libéralité, et cela est vrai sans doute; mais il faut que cette humilité et cette libéralité n'altèrent en rien le principe d'égalité qui doit régner entre les cœurs; sans quoi l'amitié ne saurait subsister. C'est ce qu'exprime un autre proverbe oriental que l'abbé Aubert a reproduit textuellement dans ce vers remarquable:

L'amitié disparaît où l'égalité cesse.

La flatterie est le poison de l'amitié.

C'est un proverbe formulé au moyen âge d'après cette pensée sur laquelle Cicéron revient plusieurs fois, qu'il n'y a point dans les amitiés de peste plus grande que la flatterie: Nullam in amicitiis pestem esse majorem quam adulationem. (De Amicitia, XXV.) En effet, la sincérité étant essentielle à l'amitié, il s'ensuit nécessairement que la flatterie doit pervertir et frapper de mort l'amitié.—Flatter un ami, dit un proverbe antique, c'est lui verser du poison dans une coupe d'or.

«Homo, qui blandis fictisque sermonibus loquitur amico suo, rete expandit gressibus ejus. (Salomon, Prov., XXIX, 5.) L'homme qui tient à son ami un langage flatteur et déguisé tend un filet à ses pieds.»

Il faut, dit un proverbe oriental, se méfier de ceux qui trafiquent d'encens et de poisons: c'est-à-dire des flatteurs et des envieux.

Le plus bel âge de l'amitié est sa vieillesse.

C'est-à-dire que plus l'amitié est vieille, plus elle est belle.