Cette pièce que les jongleurs jouaient et chantaient dans les festins publics, entre les mets ou après les mets, a sans doute donné lieu à l'expression proverbiale: s'aimer comme Robin et Marion, ainsi qu'à cette autre expression analogue: être ensemble comme Robin et Marion, c'est-à-dire en parfaite intelligence.

On dit aussi de deux amants inséparables: L'un ne va pas sans l'autre, non plus que Robin sans Marion.

On ne peut aimer et être sage tout ensemble.

C'est un apophthegme que Plutarque, dans la Vie d'Agésilas, attribue à ce grand capitaine. Il s'explique par le proverbe: «Omnis amans amens, tout amant est fou.» Les Latins disaient encore qu'aimer et être sage à la fois était à peine possible à un dieu.

Amare et sapere vix deo conceditur.

(P. Syrus.)

Il y a bien des dames, disons-le à leur gloire, qui cherchent tous les jours à démentir ce proverbe; plus elles font l'amour, plus elles s'efforcent de passer pour sages: e sempre bene.

Aimer n'est pas sans amer.

Ou plus simplement aimer est amer. Ce jeu de mots était un vrai calembour dans l'ancien temps, où l'on disait amer pour aimer. Le sens est suffisamment expliqué par cette apostrophe à l'amour, tirée des Stances sur le déplaisir d'un départ, partie IV, liv. XI du roman d'Astrée.

Que nos sages Gaulois savoient bien ta coustume,