Il faut être fou en amour.

Les belles jugent l'amour incompatible avec la raison; elles ne se croient véritablement aimées que de ceux qui font des folies pour leur plaire. Les folies sont, à leur gré, les preuves les plus incontestables de la passion qu'elles inspirent, et il n'est pas besoin de dire que ce ne sont pas les plus courtes qu'elles trouvent les meilleures.

Louange engendre amour.

Proverbe littéralement traduit du roman, lauzor engenr' amor, dont le troubadour Amanieu des Escas s'est servi, et dont Colardeau a donné une variante dans ce joli vers:

On flatte l'amour-propre, on fait naître l'amour.

J'ai entendu employer dans le Midi, pour exprimer la même idée, cette comparaison proverbiale: Les femmes se laissent prendre à la louange comme les alouettes au miroir.

«Il ne s'agit peut-être, pour s'emparer de ces êtres si subtils, si souples et si pénétrants, que de savoir manier la louange et chatouiller l'amour-propre. La flatterie est le joug qui courbe si bas ces têtes ardentes et légères. Malheur à l'homme qui veut porter la franchise dans l'amour!» (G. Sand, Indiana, ch. VII.)

Je ne sais qui a dit que les femmes aiment moins les hommes pour le mérite qu'ils ont que pour le mérite qu'ils trouvent en elles.

L'amour est la seule maladie dont on n'aime pas à guérir.

Parce que, dit la reine de Navarre, cette maladie donne tel contentement, que la guérison est la mort. (Heptamér., nouvelle XXIV.)