L'amour excite aux grandes prouesses.

C'est encore un proverbe roman qui se trouve dans plusieurs ouvrages des troubadours, notamment dans le roman de Flamenca. On dit dans le même sens: L'amour fait les héros, variante que J.-J. Rousseau a rapportée et expliquée dans sa Nouvelle Héloïse: «L'amour véritable est un feu dévorant qui porte son ardeur dans les autres sentiments et les anime d'une vigueur nouvelle. C'est pour cela qu'on a dit que l'amour faisait les héros.»

Platon affirmait que, si l'on composait une armée de jeunes amoureux, il n'y aurait point d'actes héroïques dont ils ne fussent capables pour plaire à leurs maîtresses. On sait que le seigneur de Fleuranges s'écriait en montant à l'assaut sous le feu de l'ennemi: «Ah! si ma dame me voyait!» Trait que Lebrun a rappelé dans une de ses odes, où il a voulu démontrer par des exemples que l'amour est le plus puissant mobile de la valeur et du génie.

D'un assaut bravant la furie,

J'entends Fleuranges qui s'écrie:

«Ah! si ma dame me voyait!»

Il vole, il frappe, tout succombe;

De toutes parts l'ennemi tombe:

Un jeune amant le foudroyait.

Cet amour héroïque, c'est l'amour élevé à sa plus haute puissance, l'amour sublimé, dit M. V. Hugo; Scudéri l'assimile ingénieusement «au feu d'Hercule, qui en le consumant, le fit dieu».