La petite oie de l'amour.
On appelle petite oie au propre un ragoût formé du cou, des ailerons, des pattes, du foie, du gésier, qu'on a retranchés d'une oie qu'on fait rôtir.
Cette expression s'employait autrefois au figuré, comme on le voit dans les Précieuses ridicules (sc. X), pour désigner les rubans, les plumes et les différentes garnitures qui ornaient l'habit, le chapeau, le nœud de l'épée, les gants, les bas et les souliers.—Elle désignait aussi par extension, les menus plaisirs de l'amour ou de la galanterie, tels que les serrements de mains, les baisers et autres caresses mignonnes qui cependant laissent encore quelque chose de plus à désirer, car la petite oie n'est que la petite joie.
L'amour est un grand maître.
Molière a employé et expliqué ce proverbe dans les vers suivants de l'École des femmes (act. III, sc. IV).
Il le faut avouer, l'amour est un grand maître;
Ce qu'on ne fut jamais, il nous enseigne à l'être;
Et souvent de nos mœurs l'absolu changement
Devient par ses leçons l'ouvrage d'un moment.
De la nature en nous il force les obstacles,