«Le jeune roi de Mysie trouva la guérison de sa blessure dans la lance même d'Achille, dont il avait été blessé.»
Vulnus in Herculeo quæ quondam fecerat hoste,
Vulneris auxilium Pelias hasta tulit.
(Ovide, Remed. amor., I, 47.)
«La lance d'Achille cicatrisa la blessure qu'elle-même avait faite au fils d'Hercule.»
De là cette comparaison de l'amour avec la lance d'Achille, comparaison heureuse que Bernard de Ventadour a, le premier, employée dans une pièce de vers où il parle d'un baiser qu'il a reçu de la belle Agnès de Montluçon, femme du vicomte Èble. Ce troubadour s'écrie qu'un si doux baiser va le faire mourir, si un autre de la même bouche ne vient lui rendre la vie, et il le compare à la lance d'Achille qui faisait une blessure dont il n'était pas possible de guérir, si l'on n'en était blessé une seconde fois.
Com de Peleus la lansa
Que de su colp non podi' hom guerir
Se autra vez non s'en fesez ferir.
Ce traitement homéopathique de l'amour a été indiqué par ces paroles d'une chanson des Grecs modernes: «Tu m'as donné un baiser, et j'en suis devenu malade; donne m'en un autre pour que je guérisse, et un autre encore pour que je ne retombe pas malade à mourir.»