En amour un blessé guérit l'autre.

L'amour compense le mal qu'il fait en blessant deux cœurs: il met dans la plaie de l'un le baume de celle de l'autre. Pourquoi donc les amants se plaignent-ils tant de ses rigueurs? Ne feraient-ils pas mieux de s'entendre pour les adoucir, en usant du remède qu'il leur a donné? C'est ce que pense l'auteur du roman de Flamenca. Ce troubadour, après quelques remarques sur les effets de l'amour, conclut que ce qu'il y a de meilleur pour les cœurs en peine, c'est leur mutuelle assistance; car, dit-il, l'Us nafratz pot guerir l'autre. «Un blessé peut guérir l'autre.»

L'amour est comme la lance d'Achille, qui blesse et guérit.

Comparaison proverbiale qui exprime la même idée que ce vers de P. Syrus:

Amoris vulnus sanat idem qui facit.

«En amour, qui fait la blessure la guérit.»

Les mythologues et les poëtes racontent que Télèphe, ayant été blessé par Achille, ne put être guéri de sa plaie que par un emplâtre composé de la rouille du fer dont il avait été blessé.

Mysus et Æmonia juvenis qua cuspide vulnus

Senserat, hac ipsa cuspide sensit opem.

(Prospert., lib. II, eleg. I.)