et dans ce quatrain de Corneille:

Depuis que l'hiver est venu,

Je plains le froid qu'Amour endure,

Sans songer que plus il est nu

Et tant moins il craint la froidure.

Il faut interpréter ce proverbe décemment en n'y voyant qu'une idée analogue au mot d'Hésiode: «L'amour est le fils de la pauvreté,» ou celui de Diolime de Mégare: «L'amour est le fils du travail et de la pauvreté.» C'est-à-dire que les pauvres gens ressentent cette passion avec plus de vivacité que les riches. Ceux-ci peuvent y apporter plus de délicatesses et de raffinements, mais non autant de vives et franches ardeurs. Toutes les fleurs artificielles dont ils parent la couche de l'amour ne valent pas cette floraison naturelle qui semble éclore sur le grabat des indigents de la séve même de leur cœur.—On connaît ces vers de Béranger, qui forment un tableau si gracieux:

Quel dieu se plaît et s'agite

Sur ce grabat qui fleurit?

C'est l'Amour qui rend visite

A la Pauvreté qui rit.