Voilà une fameuse hyperbole proverbiale! elle est traduite du texte latin: Mulieri ne credas, ne mortuæ quidem; lequel est lui-même traduit du grec. Diogénien, grammairien qui vivait sous l'empereur Adrien, dit dans son recueil de proverbes qu'elle fut imaginée par allusion à la funeste aventure d'un jeune homme qui, étant allé visiter le tombeau de sa marâtre, fut écrasé par la chute d'une colonne élevée sur ce tombeau.
Les Anglais expriment la même défiance envers les femmes, en disant que le diable assoupit rarement leurs mensonges dans la fosse: Seldom lies the devil dead in a ditch.
Si la femme était aussi petite qu'elle est bonne, il suffirait d'une feuille de persil pour lui faire un habillement complet et une couronne.
Manière originale et comique de classer la bonté de la femme parmi les infiniment petits. J'ai entendu citer quelquefois, en Provence, cette plaisanterie proverbiale, qui est également usitée en Italie, et je ne saurais dire avec certitude dans lequel des deux pays elle a pris naissance; mais comme elle me paraît remonter au delà du treizième siècle, je serais tenté de croire qu'elle a été imaginée par quelque troubadour qui aura voulu s'égayer aux dépens du sexe dans quelque sirvente satirique.
Femme rit quand elle peut et pleure quand elle veut.
La femme a peu d'occasions de rire, et elle en a beaucoup de pleurer; mais, par compensation, elle sait tourner ces dernières à son avantage, et il faut bien croire que les larmes lui plaisent, puisqu'elle en répand à volonté. Ovide prétend que la facilité des larmes chez les femmes est le résultat d'une étude spéciale.
Ut flerent oculos erudiere suos.
«Elles ont instruit leurs yeux à pleurer.»
Larmes de femme, assaisonnement de malice.
Ce proverbe, littéralement traduit du latin: Muliebres lacrymæ condimentum malitiæ, signifie que lorsqu'une femme veut vous servir un plat de son métier, elle y met ses larmes en guise de sauce.