Car j'aime encor, et l'amour me console:

Rien ne saurait me consoler de lui.

L'amour fait les vieilles trotter.

Et si bien trotter que rien ne les arrête. Il y a un assez grand nombre de trotteuses de cette espèce, qui ne craindraient pas d'user leurs jambes jusqu'aux genoux pour arriver au but où elles espèrent trouver ce qu'elles ne se lassent jamais de chercher.

Le comte de Bussy-Rabutin raconte qu'une d'elles parcourait un soir, à grands pas, les galeries de Fontainebleau, sans doute à la poursuite de quelque page, lorsqu'elle se trouva face à face avec le chevalier de Rohan qui lui dit: «Madame, que cherchez-vous?—Ce n'est pas vous, répondit-elle, en allant plus vite encore.—Oh! répliqua-t-il, je ne voudrais pas avoir perdu ce que vous cherchez.»

L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards.

C'est ce que disait Louis XII, qui avait appris la chose par sa propre expérience, quoiqu'il ne fût que dans le commencement de la vieillesse quand il mourut des suites de son troisième mariage. Ce mot passa en proverbe pour signifier que l'amour réserve ses douceurs pour les jeunes gens, et qu'il ne cause que des peines aux vieillards.

L'amour sied bien aux jeunes gens, et déshonore les vieillards.

C'est à peu près la pensée exprimée dans ce vers de Labérius:

Amare juveni fructus est, crimen seni.