Indicatque suis prolixa silentia labris.
Les Allemands, pour recommander de ne pas trahir une confidence, se servent de la formule suivante: Ceci est dit sous la rose.
Cette formule est également familière aux Anglais, et voici comme elle a été expliquée par Newton dans l'Herbier de la Bible, p. 233-234: «Quand d'aimables et gais compagnons se réunissent pour faire bonne chère, ils conviennent qu'aucun des joyeux propos tenus pendant le repas ne sera divulgué, et la phrase qu'ils emploient pour garantie de leur convention est que tous ces propos doivent être considérés comme tenus sous la rose, car ils ont coutume de suspendre une rose au-dessus de la table, afin de rappeler à la compagnie l'obligation du secret.»
Peacham, dans son ouvrage intitulé «the Truth of our times, la Vérité de notre temps,» (p. 173; édit. de Londres, in-12, 1638), rapporte qu'en beaucoup d'endroits de l'Angleterre et des Pays-Bas on voyait une belle rose peinte au beau milieu du plafond de la salle à manger.
L'ornement d'architecture nommé rosace dut probablement son origine à cet usage qui était connu des anciens, comme l'attestent ces quatre vers que Lloyd, dans son dictionnaire, dit avoir été trouvés sur une dalle antique de marbre:
Est rosa flos Veneris, cujus quo forta laterent
Harpocrati matris dona dicavit Amor.
Inde rosam mensis hospes suspendit amicis,
Convivæ ut sub ea dicta tacenda sciant.
La rose est la fleur de Vénus, l'Amour en consacra l'offrande à Harpocrate, pour l'engager à cacher les voluptés furtives de sa mère; et de là est née la coutume de suspendre cette fleur au-dessus de la table hospitalière, afin que les convives sachent qu'il ne faut pas divulguer ce qui a été dit sous la rose.