Ce que diable ne peut, femme le fait.

La femme a de plus puissants moyens que le diable pour séduire et perdre les hommes: combien d'hommes, en effet, qui avaient eu la force de résister à leurs penchants criminels, ont fini par y succomber lorsque l'influence d'une femme est venue peser sur eux! Voyez les drames terribles qui se dénouent dans les cours d'assises: les catastrophes n'en sont-elles pas déterminées presque toujours par cette fatale influence?

Ce proverbe, qui était, je crois, un des axiomes de Méphistophélès, est traduit de ce texte latin du moyen âge: Quod non potest diabolus mulier evincit.

Le renard en sait beaucoup, mais une femme amoureuse en sait davantage.

La femme, ou la fille la plus simple, est toujours fort habile dans les affaires qui intéressent son cœur. On dirait que l'amour lui donne la faculté de tout voir. Rien ne lui échappe. Elle sait mettre à profit tout ce qui lui est favorable et tourner à son avantage les circonstances les plus compromettantes. Rien de subtil et d'exercé comme son instinct. Elle trouve mille expédients mieux imaginés les uns que les autres pour se tirer d'embarras; elle agit avec adresse et résolution dans des conjonctures où l'homme le plus fin tâtonne et délibère, et elle atteint le but quand celui-ci consulte encore sur les moyens d'y arriver.

La femme est une araignée.

C'est-à-dire qu'elle prend l'homme dans ses piéges comme l'araignée enlace le moucheron dans sa toile. Cette métaphore proverbiale, usitée au quinzième siècle, n'est pas gracieuse, mais elle paraît juste, et son défaut de délicatesse est compensé par son énergie. Notons, d'ailleurs, que la dénomination d'araignée n'avait alors rien d'ignoble. Louis XI était appelé dans un sens élogieux l'Araignée universelle, à cause de son travail incessant à ourdir la toile dont il occupait le centre et dont il étendait partout les fils.

L'œil de la femme est une araignée.

Cette variante du proverbe précédent ne s'applique guère qu'à une femme âgée dont l'œil, embusqué dans sa patte d'oie, reluque ardemment quelques jouvenceaux, comme l'araignée, tapie dans son réseau, guette quelque moucheron. Celle-ci n'est pas plus avide que l'autre d'avoir une proie à dévorer.

Prends femme, Jean, et dors tant que tu voudras, car elle saura bien te réveiller.