L'homme est de feu, la femme d'étoupe, le diable vient qui souffle.

Et sous le souffle du diable, le feu de l'homme se communique à la femme d'autant plus vite que la matière dont on la dit formée est plus inflammable. En un instant tous deux brûlent à l'unisson, et le diable, qui ne veut pas laisser leur combustion incomplète, continue à souffler de toute sa force, jusqu'à ce qu'il les ait bien enflammés. N'allez pas croire pourtant qu'ils soient réduits en cendres.

Il n'est à l'époque présente

Aucun amant, aucune amante

Dont l'amour cause le trépas;

Ils ont tous un cœur d'amiante

Que le feu ne consume pas.

Et puis, le diable est obligé d'exercer son métier de souffleur sur tant de millions de couples, qu'il ne peut s'arrêter longtemps sur le même. Encore un moment, et vous allez voir celui qui se débat au milieu de l'incendie en sortir aussi frais que s'il venait de prendre un bain froid.

Ainsi le veut la nature qui, toujours soigneuse d'entretenir la durée par la modération, ne souffre pas que rien de violent soit durable, et ramène de l'excès qui détruit à la retenue qui conserve.

Qu'ils sont nombreux ces incendiés qui ont été rejetés tout à coup de l'enfer de feu dans l'enfer de glace!