Cet état est dans l'ordre des lois de Dieu et de la société. Il n'y en a point qui convienne autant aux besoins des deux sexes, qui soit aussi propre à les rendre meilleurs, et je crois fermement que, s'ils y entraient dans les conditions qu'il exige, ils y trouveraient les douceurs d'une tendre amitié, les plaisirs épurés des sens et de la raison; en un mot, tous les agréments qui peuvent embellir l'existence.
«Le mariage, dit Rœderer, ce lien sacré qui forme une unité forte et parfaite de deux existences incomplètes, rend communs à toutes deux les avantages propres à chacune, fait jouir chaque époux des dons différents que les deux sexes ont reçus de la nature, communique à l'un la force, à l'autre la douceur, à l'un la justice de l'esprit, à l'autre la sagacité, ajoute à la conscience de chacun d'eux celle de l'autre; double la force intellectuelle et l'énergie morale de tous deux, et enfin assure aux fruits de leur union un constant accord, une vive émulation de soins, une tradition fidèle des intérêts, des principes, des mœurs, auxquels le bonheur est attaché. Cette institution est le principe de la supériorité de notre civilisation actuelle sur celle de l'antiquité; c'est la plus importante amélioration qu'ait reçue l'espèce humaine, le plus beau présent que la religion chrétienne ait fait aux sociétés modernes, son titre le plus évident et le plus incontestable à leur reconnaissance et à leurs respects.»
Le mariage est le plus grand des biens ou des maux.
Voltaire, dans l'Enfant prodigue, acte II, scène I, a développé ce proverbe dont on exprime aussi l'idée de cette autre manière: Le mariage est ce qu'il y a de meilleur et de pire, formule calquée sur celle dont Ésope se servit pour marquer les avantages et les malheurs que la langue peut produire.
Voici les vers de Voltaire:
A mon avis, l'hymen et ses liens
Sont les plus grands ou des maux ou des biens.
Point de milieu, l'état du mariage
Est des humains le plus cher avantage,
Quand le rapport des esprits et des cœurs,