Dans un missel de 1555, à l'usage de l'église de Salisbury, on lit cette recommandation: «Statuantur vir et mulier ante ostium ecclesiæ, sive in faciem ecclesiæ, coram Deo et sacerdote et populo. Que l'homme et la femme soient placés devant la porte de l'église ou EN FACE DE L'ÉGLISE, en présence de Dieu, du prêtre et du peuple.»

On sait que le mariage de Henri de Béarn, depuis Henri IV, avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX, eut lieu, le 18 avril 1572, par le ministère du cardinal de Bourbon sur un brillant échafaud dressé à la porte de l'église de Notre-Dame de Paris.

Ces faits et beaucoup d'autres semblables que je pourrais y joindre prouvent qu'en France et en Angleterre on se mariait encore devant la façade de l'église vers la fin du seizième siècle. Cependant il faut observer que, dans la mauvaise saison et dans les jours pluvieux, on faisait la cérémonie sous le porche, d'où l'on ne tarda pas à passer dans la chapelle. Mais quels étaient donc les motifs qui avaient pu faire adopter le mariage en plein air? Quelques auteurs pensent que cet usage était un reste des mœurs païennes. Ils disent que plusieurs peuples de l'antiquité, particulièrement les Étrusques, se mariaient dans la rue devant la porte de la maison, où l'on entrait pour la conclusion de la cérémonie.

A cette raison Selden en ajoute une autre dans son Uxor hebraica (opera, t. III, pag. 680): c'est que la dot ne pouvait être légalement assignée qu'en face de l'église.

Il ne faut pas se marier pour la première nuit de ses noces.

Il faut consulter la raison, les convenances et l'intérêt dans le choix d'une épouse, et ne pas se marier uniquement pour satisfaire un fol amour. Celui qui ne prend femme que dans la vue si spirituellement indiquée par le proverbe se mécompte presque toujours, car l'amour passe et la femme reste, sans conserver pour le mari cette beauté qui avait exercé sur lui une irrésistible fascination.

Tout est fini ou bien près de finir pour l'amour sitôt que l'union de deux cœurs devient celle de deux corps, et les charmantes illusions qu'il faisait naître cèdent la place à de tristes réalités. C'est un mirage fantastique après lequel on ne voit plus que les sables arides du désert.

Bailler ou donner le chapelet à une fille.

C'est la marier. Le chapelet ou petit chapeau, auquel a succédé la guirlande de fleurs d'oranger, était une couronne de romarin ou de myrte qu'on mettait autrefois sur le front des jeunes filles dans la cérémonie nuptiale, à l'imitation de la couronne de marjolaine que prenaient les nouvelles mariées chez les Romains, comme on le voit dans ces deux vers de l'épithalame de Julie et de Manlius par Catulle:

Cinge tempora floribus